Zone de Partage au Parc de la Gibauderie : une nouvelle étape pour le projet

Cela fait presque deux mois que je n’ai pas écrit ici. Deux mois de silence, ou presque. Deux mois pendant lesquels le projet Zone de Partage a continué d’exister, quelque part en arrière-plan, mais sans que je parvienne vraiment à revenir poser des mots dessus. Je pourrais dire que j’étais simplement occupé, que les journées se sont enchaînées trop vite, que mes engagements associatifs, mon activité de création de sites web, mes démarches et mes autres projets ont pris toute la place. Ce serait vrai. Mais ce ne serait pas toute la vérité.

La vérité, c’est que j’ai traversé une période de doute. Un doute plus profond qu’une simple fatigue passagère. Une sorte de lassitude intérieure, qui ne concernait pas seulement Zone de Partage, mais l’ensemble de mes projets. Pendant quelque temps, je regardais mes idées, mes notes, mes dossiers, mes envies, et tout me semblait loin. Comme si l’élan s’était mis en veille. Comme si ce qui m’enthousiasmait auparavant demandait soudain une énergie que je ne savais plus très bien où trouver. Je crois que cela arrive, même quand un projet a du sens. Même quand on y croit. Même quand des choses avancent réellement. Il y a des moments où l’on se demande simplement : à quoi bon ? comment continuer ? comment ne pas se perdre dans ce que l’on essaie de construire ? 😮‍💨

Et puis, peu à peu, quelque chose revient. Une petite envie. Un mouvement discret. Une nouvelle qui redonne confiance. Un document reçu. Une étape concrète. Une raison de se remettre debout. Aujourd’hui, j’ai envie de dire que je repars du bon pied, parce qu’une avancée importante vient d’avoir lieu pour la future Zone de Partage au Parc de la Gibauderie, à Poitiers. La Ville a lancé une consultation pour la réalisation d’un mobilier artistique pour la Zone de Partage. Dit comme cela, cela peut sembler très administratif : une consultation, un marché, un cahier des charges, une réponse technique, un devis détaillé. Mais derrière ces mots un peu froids, il y a quelque chose de très concret : la future structure qui pourra accueillir les œuvres dans le parc commence à entrer dans une vraie phase de réalisation. 📄✨

Le projet prévoit la création d’un mobilier artistique en métal, installé dans le Parc de la Gibauderie, qui servira à présenter et protéger des œuvres imprimées. Ces œuvres pourront être prises librement par les habitants, selon le principe qui reste au cœur de Zone de Partage : “Qui prend, répond”. Une personne choisit une œuvre — un dessin, un poème, une photographie, un texte, une création imprimée — puis elle est invitée à envoyer un message chaleureux à son auteur. L’idée est simple, mais elle me touche toujours autant : faire circuler des œuvres, oui, mais surtout créer un lien humain entre celui qui offre et celui qui reçoit.

Ce qui m’intéresse beaucoup dans le cahier des charges, c’est la partie consacrée au mode d’exécution de la mission. Elle permet déjà d’imaginer ce que devra rendre possible cette future structure. Le mobilier devra être adapté à l’extérieur, résistant à la corrosion, solide dans le temps, avec une hauteur maximale d’environ 1,80 mètre hors décoration, et jusqu’à 2 mètres avec une éventuelle toiture ou un élément décoratif. Il devra permettre d’exposer des documents imprimés de manière visible, face au public, aux formats A5, A4 ou A3. Il devra aussi protéger les œuvres grâce à plusieurs portes transparentes, solides et durables, afin que les papiers puissent rester visibles tout en étant préservés de la pluie et des intempéries.

Le cahier des charges prévoit également une ou plusieurs surfaces latérales pour afficher des informations : le fonctionnement du projet, les consignes, les explications, peut-être des actualités, des invitations à participer, ou des textes permettant de mieux comprendre l’esprit de la Zone de Partage. La structure devra être immédiatement identifiable comme un lieu accueillant, propice aux rencontres spontanées et aux échanges culturels entre habitants. Elle devra être sûre, sans élément coupant ou dangereux, stable grâce à un ancrage adapté, mais aussi démontable ou déplaçable. Elle devra être accessible aux enfants et aux personnes à mobilité réduite, avec des niveaux inférieurs pensés pour être utilisables depuis un fauteuil roulant. Une petite toiture ou un auvent élégant est également demandé, afin de renforcer la protection des œuvres déposées. 🌿

Ce que j’apprécie, c’est que ce dossier ne cherche pas à tout figer. Il fixe un cadre, bien sûr. Il protège l’usage. Il rappelle les contraintes essentielles : sécurité, accessibilité, robustesse, protection contre les intempéries, intégration dans le parc. Mais il laisse aussi une vraie liberté artistique. L’artiste ou le prestataire pourra imaginer les formes, les couleurs, les textures, les finitions, les matières complémentaires. La structure pourra être sobre, végétale, sculpturale, géométrique, poétique, contemporaine, discrète ou plus affirmée. Elle pourra intégrer des symboles liés au partage, à l’ouverture culturelle, à la rencontre entre générations. Et je trouve cela très beau de ne pas savoir encore à quoi elle ressemblera.

L’image qui accompagne cet article est donc une représentation réalisée par intelligence artificielle. Elle ne montre pas la future structure officielle. Elle sert seulement à donner une ambiance possible, une image d’intention, une manière de rêver un peu ce que pourrait devenir une Zone de Partage dans un parc : un lieu accueillant, vivant, avec des œuvres, des affiches, des messages, des personnes qui s’arrêtent, qui lisent, qui discutent, qui emportent une création, qui prennent le temps de répondre. L’aspect final dépendra entièrement des artistes ou prestataires qui répondront à la consultation, puis du projet qui sera retenu par la Ville de Poitiers. 🖼️

C’est peut-être cela qui me touche le plus dans cette étape : la Zone de Partage de la Gibauderie n’existe pas encore sous sa forme définitive. Elle se trouve quelque part entre une intention citoyenne, un cahier des charges, une consultation officielle, des contraintes techniques, des libertés artistiques et l’imagination de celles et ceux qui vont proposer leur vision. Elle n’est plus seulement une idée dans ma tête. Elle n’est pas encore un objet dans le parc. Elle est dans cet entre-deux fragile et important où les projets commencent à chercher leur forme réelle.

Pour moi, cette avancée a quelque chose de très encourageant. Elle signifie que l’on passe progressivement du rêve, des notes, des échanges, des petits pas, à quelque chose qui pourra un jour être installé dans un espace public, près d’un chemin, devant des bancs, au milieu de la vie ordinaire des habitants. Une structure où chacun pourra s’arrêter, découvrir une œuvre, en prendre une, répondre à son auteur, et peut-être repartir avec autre chose qu’un simple papier : une émotion, une curiosité, un début de lien.

Alors oui, j’ai douté. Oui, j’ai eu du mal à revenir écrire ici. Oui, certains jours, mes projets m’ont semblé lourds à porter. Mais cette nouvelle me rappelle quelque chose d’important : parfois, même quand on ralentit intérieurement, certaines graines continuent de pousser. La Zone de Partage avance. Tranquillement. Administrativement. Artistiquement. Humainement. Et moi, je reviens doucement avec elle. 🌱